Bonjour, je m'appelle madame CACHOU, Chouchou pour les intimes. Je suis née un beau jour du mois de mars 1999 de mère inconnue, dans le sud-ouest de la France, où il fait bon vivre, si on n'est pas allergique au pollen, aux graminés et à la connerie.

Concernant la connerie, je ne crois pas que ce soit un problème de région, mais plutôt un problème de nature humaine. Pour ma part, j'ai eu de la chance, même si j'ai été abandonnée quelques temps après ma naissance. Mais bon, soit disant que chez les chats, et oui il parait que je suis un chat, ces procédés sont monnaie courante, alors que chez l'Homme avec un grand H, l'abandon est inconcevable. Il y a qu'à voir les chenils, la société protectrice des animaux et les maisons de retraites à chaque fin d'été.

Mais revenons en à nos humains ou plutôt à ceux qui ont eu le courage de m'adopter. En effet je n'avais rien pour plaire. Je suis maigre ; petite ; j'ai de grandes oreilles et en plus je suis noire. Vous pouvez constater par vous même, que je démarrais donc mon existence dans ce monde intolérant et peu scrupuleux avec un léger handicap.

Malgré tout, mes maîtres m'ont quand même prise sous leur aile, heu...sous leur bras pardon, c'est vrai que les humains ont des bras et non des ailes, il y a qu'à les voir en voiture quand ils se doublent, parfois ils se font ce qu'on appelle des bras d'honneurs en proférant des noms d'oiseaux. Drôles d'oiseaux que ces humains qui ne semblent pas pouvoir s'aimer sans se crier dessus, se faire la guerre ou bien abandonner leurs congénères quand ils ne sont plus utilisables.

Mes maîtres eux, sont un peu différents. Même si parfois ils se crient dessus, eux, ils n'abandonnent jamais, surtout le maître Serge. En effet, quand je fais une bêtise et qu'il me court après, jamais il abandonne. Sauf quand il n'en peut plus et qu'il se met à souffler comme le vent d'autan sur les plaines du midi Toulousain. Là, il lâche l'affaire, attend sagement son heure pour m'attraper et feint un gros sermon de principe, après que je lui ai lancé un regard de chien battu, plein de tristesse. Je dois reconnaître au travers de cet exemple, toute sa pugnacité, et c'est ce qui me fait dire qu'il n'abandonne jamais rien ni  personne.

Ma maîtresse Laurence, elle, hé oui chez les humains il y a aussi des mâles et des femelles, n'abandonne rien non plus, même si son aptitude à la course à pied n'est pas vraiment son point fort. Elle fait plutôt dans le don de soi. C'est son côté mère Thérésa, toujours prête à donner quelque chose, surtout les croquettes et la bonne pâtée dont je tairais la marque. Un seul petit miaulement et elle accourt pour exhausser mon voeux.

Je vous le dis, j'ai eu de la chance, je suis tombée sur des humains profondément humain et même si comme tous les chats, j'ai le bénéfice d'avoir neuf vies, je n'en échangerais aucune, afin de pouvoir rester indéfiniment avec mon maître, ma maîtresse et mon petit maître Thomas.

Au fait, je dis "mon", car les chats n'appartiennent jamais aux être humains, c'est plutôt les humains qui appartiennent aux chats et cela, mes maîtres l'ont très bien compris. C'est pour toutes ces raisons que je leur reste fidèle, mais également  pour le chauffage l'hiver, le canapé du salon et la douceur de la couette délicatement posée sur le lit de la chambre à coucher.

Bon, maintenant il suffit, je dois vous laisser pour aller faire une petite sieste et je vous donne rendez-vous à une prochaine fois, si vous le voulez bien, pour suivre mes pérégrinations de chat dans ce drôle de monde.